Coup d’œil sur l’histoire du bobsleigh

Les Montréalais ont été déjà à descendre la fameuse piste Tuque Bleue à traîneau aux années 1870, mais c’étaient les Suisses qui ont ajouté un mécanisme de direction au toboggan pour ainsi donner vie au sport de bobsleigh. En 1897, le premier club de bobsleigh au monde a été fondé à St. Moritz, Suisse, et en 1914 il y avait plus de 100 pistes de glace à réfrigération naturelle dans des centres de sports alpins un peu partout en Europe.

Le Canada a construit sa première piste de bobsleigh en 1911 à Montebello, Québec, sur les conseils d’un instructeur de ski suisse, Émile Cochand, qui a également établi le premier centre de ski au pays. Tandis que le bobsleigh a été au programme des premiers Jeux Olympiques d’hiver en 1924, le Canada a attendu jusqu’à la fin des années 1950 pour présenter des athlètes aux compétitions internationales de bobsleigh. Les bobeurs canadiens ont gravi lentement mais régulièrement les échelons internationaux durant les années 1980, grâce largement aux 11 millions de dollars investis dans une piste de glace de pointe dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver 1988 à Calgary.

Le sport en est arrivé à un tournant lorsque les premières compétitions de bobsleigh féminin se sont tenues en Europe et en Amérique du Nord. La première compétition internationale pour les dames a eu lieu à Winterberg, Allemagne, en 1990. Le moment charnière est survenu le 2 octobre, 1999, lorsque le Comité international olympique (CIO) a confirmé que le bobsleigh féminin s’ajouterait au programme officiel des Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City. Il a fallu peu de temps pour les dames canadiennes de laisser leur marque au niveau olympique, remportant les médailles d’or et d’argent aux Jeux Olympiques de Vancouver 2010.

Un autre jalon important a été réalisé en septembre, 2014, lorsque la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF) a approuvé la participation d’équipages mixtes aux compétitions de bobsleigh à quatre. Plus tard cet automne-là, la Canadienne Kaillie Humphries et l’Américaine Elana Meyers sont devenues les deux premières femmes à disputer les épreuves de bob à quatre aux circuits de Coupe des Amériques et Coupe du Monde.

Le bobsleigh vient récemment d’ajouter la discipline de monobob au programme. Le monobob ressemble aux versions traditionnelles de bob à deux et bob à quatre, cependant en monobob la poussée, le pilotage et le freinage sont pris en charge par une seule personne.

La discipline de monobob a été incluse au programme des Jeux olympiques de la jeunesse de Lillehammer 2016, et les hommes et les dames y ont disputé des compétitions. Le monobob figurera également au programme des Jeux olympiques de Pékin 2022, seulement pour les dames. Ce sera la première fois où les compétitions de monobob seront incluses à des jeux multisports majeurs. Le monobob est également une discipline de para-sport. En monobob, les athlètes peuvent atteindre des vitesses de jusqu’à 120 km/heure.

Médaillés et médaillées olympiques canadiens en bobsleigh

PyeongChang 2018 - Justin Kripps et Alex Kopacz (Or)

PyeongChang 2018 - Kallie Humphries et Phylicia George (Bronze)

Sochi 2014 – Kaillie Humphries et Heather Moyse (Or)

Vancouver 2010 – Kaillie Humphries et Heather Moyse (Or)

Vancouver 2010 – Helen Upperton et Shelley-Ann Brown (Argent)

Vancouver 2010 – Lyndon Rush, Chris Le Bihan, Dave Bissett, Lascelles Brown (Bronze)

Turin 2006 – Pierre Lueders et Lascelles Brown (Argent)

Nagano 1998 – Pierre Lueders et Dave MacEachern (Or)

Innsbruck 1964 – Vic Emery, Peter Kirby, Douglas Anakin, John Emery

Description du sport

Les équipages de bobsleigh consistent en un freineur et un pilote en discipline de bobsleigh à deux; et un freineur, deux intermédiaires et un pilote en discipline de bobsleigh à quatre.

i.) Chrono de départ :

Le temps qu’il prend pour le toboggan de couvrir les 50 premiers mètres de la descente est la partie la plus importante d’une descente à bobsleigh. Si le départ n’est pas suffisamment rapide – pas plus d’une dixième de seconde de retard sur l’équipage le plus rapide – il est quasiment impossible de terminer sur les marches du podium. De règle générale, un avantage d’une dixième de seconde en haut de la piste se traduit en une avance de trois dixièmes de seconde en bas de la piste, donc il est d’autant plus important pour les équipages de réussir leurs départs. Les bobeurs et bobeuses cherchent à atteindre un maximum de force et d’accélération alors qu’ils poussent le toboggan depuis un départ arrêté. Vite fait, ils doivent passer en mode finesse, usant de l’équilibre et l’agilité pour embarquer deux ou quatre personnes dans le toboggan. Aux compétitions de bob à deux masculin et féminin et de bob à quatre, les équipages parcourent typiquement les 50 premiers mètres en cinq secondes environ, et atteignent une vitesse de plus de 40 kilomètres par heure.

ii.) Le pilotage

Une fois que tous les membres de l’équipage sont embarqués dans le toboggan, il relève du pilote de diriger le toboggan dans une série de virages qu’il prend à haute vitesse, ainsi que des droits, où la vitesse pourrait dépasser 150 km/h. Tout comme dans le ski alpin, les pilotes considèrent différentes trajectoires pour aborder les virages et maintenir un équilibre idéal entre vitesse et sécurité. S’ils mettent trop de force ou pas suffisamment de force aux commandes, ou s’ils évaluent mal la trajectoire, même s’il s’agit d’une milliseconde de ralentissement, cela pourrait faire toute une différence sur le plan du classement final; en plus, toute erreur apporte également un risque accru de dérapage.

Pourvu que l’équipage entier franchisse la ligne d’arrivée à bord le toboggan, il n’y a pas de disqualification. Mais étant donné qu’il peut y avoir un écart aussi petit qu’une dixième de seconde entre les têtes de série, même une toute petite erreur ne peut se racheter, et on serait éliminé du coup de la course au podium.

iii.) Les pistes

Historiquement, les compétitions de bobsleigh se tenaient sur une piste de glace naturelle. Cependant ces jours-ci, la plupart des compétitions se contestent sur de la glace artificielle. Une exception notable est la piste de glace naturelle à St. Moritz, Suisse, un des arrêts habituels du circuit de Coupe du monde. La plupart des pistes mesurent environ 1 500 mètres de long, mais chacune a ses propres caractéristiques et présente ses propres défis. Toutes les pistes incluent un dénivelé vertical minimum, et incorporent bon nombre de virages relevés.

Il y a seulement 16 pistes de glace au monde, et toutes sont le patrimoine des Jeux olympiques. Il y en a 4 en Amérique du Nord, 8 en Europe et 3 en Asie. Chaque piste est différente, et il faut investir des années de planification et d’expertise afin d’assurer que tous les virages et descentes sont faisables à une vitesse qui pourrait dépasser 150km/ heure. Pour en découvrir plus sur les 2 pistes canadiennes, cliquez sur les renvois suivants :

Piste du Parc olympique canadien de WinSport 

Centre des sports de glisse de Whistler 

La Compétition

Aux évènements de Coupe du monde, chaque compétition consiste en deux manches qui se tiennent dans une seule et même journée. Aux Jeux Olympiques et aux Championnats du monde (ceux-ci se tiennent annuellement, sauf en année olympique), les compétitions de bob à deux masculin et féminin et de bob à quatre consistent en quatre manches au total, tenues sur deux jours. L’équipage victorieux est celui qui affiche le temps cumulatif le plus bas. Il y a également les circuits de Coupe des Amériques et de Coupe Europe, qui fonctionnent comme circuits de développement pour les jeunes athlètes en herbe. Ces compétitions permettent aux athlètes de gagner de l’expérience et cumuler les qualifications nécessaires pour accéder au niveau de Coupe du monde et de Championnat du monde. En plus du Championnat du monde, les athlètes âgés de moins de 26 ans peuvent également concourir au Championnat du monde junior.

Puisque la surface de la glace devient progressivement plus rugueuse au fur et à mesure que la compétition se déroule, il est avantageux d’être parmi les premiers à descendre la piste. Pour déterminer quels équipages obtiennent les places de choix à la liste de départ, un système de têtes de série est appliqué pour donner la priorité aux meilleures équipes, sur la base des résultats précédents. À la première compétition de Coupe du monde de chaque saison, le classement final de la saison précédente s’applique. Les places de 1 à 10 sur la liste de départ sont attribuées en vertu des résultats de Coupe du monde. Pour le reste de la saison, les groupes de partants se calculent en fonction des résultats courants de Coupe du monde, selon la formule suivante : Groupe I — 1 à 10; Groupe II — 11 à 20; Groupe III — 21 à 30; Groupe IV — 31 et après. Puis un tirage au sort se fait au sein de chaque groupe afin d’établir l’ordre de départ. Aux Jeux Olympiques, les équipages sont répartis en groupes de 10, sur la base du classement le plus à jour de Coupe du monde. Puis un tirage au sort se fait au sein de chaque groupe afin d’établir l’ordre de départ : Groupe I — 1 à 10; Groupe II — 11 à 20; Groupe III — 21 à 30; Groupe IV — 31 et après.

Équipement de compétition

Le toboggan est construit pour être très aérodynamique, avec un crénage fait de fibre de verre monté sur un châssis en acier. Le toboggan « court » sur quatre patins d’acier hautement polis. Les deux patins avant sont fixés sur un dispositif de pivot directeur permettant environ trois pouces de mouvement latéral, et actionné par deux cordes tenues par le pilote; c’est comme ça qu’il dirige le toboggan. Les poignées de frein se situent à côté du siège des freineurs sur un toboggan à quatre et devant le siège de freineur sur un toboggan à deux.

La température des patins est prise électroniquement immédiatement avant chaque manche de compétition. Il est interdit de chauffer les patins de quelque manière que ce soit. À la ligne d’arrivée, on pèse le toboggan et l’équipage pour vérifier qu’ils ne dépassent pas la limite de poids. Afin de mettre tous les compétiteurs sur pied d’égalité, les engins doivent se conformer aux normes strictes établies par la International Bobsleigh and Skeleton Federation (IBSF).

Charge maximale:
Bobsleigh à deux masculin - 390 kg*
Bobsleigh à deux féminin – 325 kg*
Bobsleigh à quatre - 630 kg* 
* La charge maximale comprend les membres de l’équipage ainsi que leur équipement personnel (casques, souliers etc). Puisqu’un toboggan plus lourd va aller plus vite en descendant une pente, les équipages qui n’atteignent pas le maximum ont le droit de mettre des barres lestées dans le toboggan. Le désavantage des barres lestées est qu’elles rendent le toboggan plus difficile à pousser à partir d’un départ arrêté.

Les athlètes de bobsleigh portent un casque intégral et des combinaisons aérodynamiques, faites d’un tissu extensible. Les semelles des chaussures de compétition sont équipées de petits clous pour procurer une meilleure traction à la poussée, qui se fait sur une surface de glace. Les pilotes doivent porter des lunettes, et certains portent des gants, tandis que d’autres préfèrent se passer de gants pour avoir un contact plus direct avec les cordes de direction. Certains athlètes optent de porter des protège-épaules et des protège-coudes.